Pirard.                                    237
pour leur faire prêter ladite fomme fur l'obligation folidaire tant de lui et de fa femme que defdits Pirard et Honoré et de leurs femmes. Lors du prêt de laquelle fomme, dont l'acte a été paffé il y a environ un mois par-devant no­taires, ledit Pirard fit fon billet fous feing privé audit plaignant portant pro-meffe de l'affocier avec lui pour moitié dans fa moitié audit Opéra-Comique et de lui en paffer acte de fociété par-devant. notaires toutes fois et quantes. Sur le fondement duquel écrit et de l'emprunt par eux tous folidairement fait defdites 4,000 livres pour fournir aux avances qu'il convient faire pour ledit Opéra, ledit plaignant fe regardait comme affocié defdits Pirard et Honoré comme en effet il Ie doit être. II a en particulier fourni et avancé pour ladite fociété jufqu'à concurrence de la fomme de 308 livres tant en argent que vin en bouteille et repas donnés à des acteurs qu'il a fallu choillr et attirer pour jouer audit Opéra, ce qu'il n'a fait que de concert avec ledit Pirard dont il a même un billet qui eft écrit, ligné de lui, daté du 3 mai dernier, par lequel entre autres chofes il le prie de lui envoyer un louis d'or pour achever de payer une fomme de 250 livres à un acteur. Depuis toutes ces chofes ainfi faites, le plaignant ayant follicité ledit fleur Pirard de lui donner un acte en forme de ladite fociété paffé devant notaires, conformément à la promeffe de fon écrit fous feing privé, et un état qu'il lui avoit promis tant de l'emploi par lui fait defdites quatre mille livres qui ont été empruntées pour ledit Opéra que des autres dépenfes faites pour ledit fujet. ledit Pirard auroit attiré chez lui ledit plaignant il y a deux à trois jours fous prétexte de lui donner fatisfaction ; où étant avec fa femme, fans avoir aucune méfiance dudit Pirard ni de fa femme qu'ils ne croyoient pas capables de commettre l'action ci-après dite, ladite femme Pirard ayant demandé audit plaignant à voir le billet que fon mari lui avoit fait pour Pintéreffer dans ladite fociété, ledit plaignant auroit auffitôt tiré de fa poche ledit billet et l'ayant préfenté à ladite femme Pirard, icelle femme l'a dans l'inftant déchiré et lacéré en morceaux, ce qui auroit fort furpris ledit plaignant et fa femme ; lefquels étant tout émus d'une pareille action, ledit Pirard, pour fufpendre dans ce moment l'efprit du plaignant et l'empêcher de fe porter à quelque extrémité violente où quelque autre moins prudent que lui auroit pu fe porter, lui dit qu'il étoit honnete homme et que quoique ledit billet fût déchiré, il ne feroit pas moins affocié avec lui et qu'il lui donneroit fatisfaction fur cela, ce que ledit fleur Levié croyant encore volontiers lors, il auroit différé de nous en porter plainte. Et comme ledit fleur Pirard perfévère toujours dans le refus de lui donner ledit acte de fociété avec l'état qu'il lui a promis de tous les emprunts et créances qui ont été faits pour ladite fociété auxquels il eft prêt de contribuer pour fa part et portion, il a. été confeillé de nous rendre contre lui la préfente plainte.
Signé : Leviez; Langlois.
{Archives des Comm , m 4531.)